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        La procession de la Traslación  

                   Nazaréen Noir

L’origine

La statue a été sculptée au début du XVIIᵉ siècle (1606) par un artiste mexicain, puis envoyée aux Philippines par des missionnaires augustins.Elle représentait Jésus portant sa croix vers le Calvaire.

Pendant la traversée entre Acapulco (Mexique) et Manille, un incendie se déclara à bord du galion espagnol.La statue en bois fut noircie par la fumée et le feu, mais elle ne brûla pas complètement.Cet événement fut considéré comme miraculeux.

La statue fut installée à Manille, d’abord dans une petite chapelle, puis transférée en 1787 à l’église de Quiapo, où elle se trouve toujours aujourd’hui.

La procession la Traslación.

Il ne s’agit pas d’une petite procession de quelques milliers de croyants, mais de quelque chose de grand, d’énorme. En 2025, ils étaient autour de 8 millions de fidèles. étaient autour de 8 millions de fidèles.

Cette célébration rappelle un moment précis de l’histoire : en 1787, la statue miraculeuse de Jésus portant sa croix fut transférée de l’église de San Nicolas à la basilique de Quiapo. Depuis, ce transfert est devenu un rituel annuel, répété avec une intensité qui ne cesse de grandir.

Les pèlerins marchent pieds nus, en signe d’humilité, vêtus de tuniques bordeaux comme celles du Nazaréen. Beaucoup lèvent leurs mouchoirs blancs ou leurs serviettes vers la statue, espérant qu’elles la toucheront et deviendront porteuses de bénédictions. D’autres se hissent sur les cordes qui tirent le char, dans un effort presque surhumain pour s’approcher de l’image sacrée.

La procession dure souvent des dizaines d’heures, avançant lentement dans les rues étroites de Manille. La chaleur, la fatigue et la foule compacte mettent les corps à rude épreuve, mais rien n’arrête les dévots. Pour eux, chaque pas, chaque goutte de sueur est une prière vivante, une façon de partager la souffrance du Christ sur le chemin du Calvaire.

Notre expérience

Lors de notre dernier voyage (janvier 2025), notre arrivée coïncidait avec la procession de la Traslación, qui avait lieu comme chaque année, le 9 janvier à Manille en l’honneur du Christ Noir.

Nous sommes arrivés le 7 janvier au soir, ce qui nous a permis de récupérer du décalage horaire et de prendre nos repères avant la procession du 9 janvier.
À notre surprise, les rues étaient encore calmes, presque désertes. Même à moins de deux kilomètres du lieu du rassemblement, rien ne laissait deviner l’ampleur de ce qui allait suivre. C’était un calme trompeur, comme une ville qui retient son souffle avant d’être emportée par une marée humaine.

 

Nous nous demandions même si elle allait vraiment avoir lieu, car lors de notre voyage au Laos en 2022, le grand rassemblement de milliers de moines à Vientiane avait été annulé à cause de la COVID-19, à notre grand dam.

Le lendemain matin, nous sommes partis explorer la ville, repérer le site de la procession et confirmer qu’elle aurait bien lieu. À notre grande surprise, lorsque nous avons rejoint le parc Rizal, des milliers de fidèles avaient déjà envahi l’endroit pour une veillée nocturne, et certains espéraient même toucher la statue avant qu’elle ne soit replacée sur son char pour la grande Traslación du 9 janvier. L’atmosphère était emplie de prières, de chants et d’hymnes, tandis que la foule se préparait à l’événement solennel du lendemain.

La fin de notre voyage

Ce jour-là, comme vous le savez, la malchance m’a encore rattrapé : ma jambe gauche s’est de nouveau blessée. Chaque pas est devenu une épreuve, et le retour à l’hôtel m’a semblé interminable. C’est à ce moment que j’ai compris que notre voyage touchait à sa fin, car marcher m’était devenu impossible. Nous avons dû rentrer à la maison, le cœur gros, car notre aventure aux Philippines était terminée. Mais une certitude demeure : nous reviendrons, une autre fois.

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