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Briser les mythes du sac à dos

Les mythes à défaire sur le voyage en sac à dos

Dans cette chronique, je veux partager avec vous ces idées fausses à défaire, basées sur notre expérience de voyageur un peu moins jeune, un peu plus baroudeur… et toujours prêt à partir avec nos sacs à dos (on reste plus curieux encore, attirés par l’aventure). Parce que oui, le voyage n’a pas d’âge, et il est temps de briser ces préjugés pour mieux profiter du monde qui nous attend.

1. Le sac à dos, c’est juste pour les jeunes.

Ah bon ? Faudra me le dire, parce que dans deux ans, je vais passer le cap des 70 ans… et là, nous sommes  justement en pleine préparation pour l’Inde ! Mon sac à dos, lui, ne semble pas vouloir prendre sa retraite de sitôt !

On croise des gens de tous âges sur la route, même dans des endroits reculés ou dans des autobus bondés. Ce n’est pas l’âge qui compte, c’est l’envie de découvrir, de s’ouvrir à l’autre, de goûter à ce qui est vrai. On laisse de côté nos habitudes alimentaires bien rodées pour plonger dans les marchés locaux, les plats mijotés sur le trottoir, les arômes d’ailleurs qui racontent une histoire — et on échange le confort standardisé pour des hébergements qui ont une âme. Souvent, on va même préférer loger chez une famille, pour vivre le quotidien de l’intérieur, autour d’une table, d’un sourire, d’un thé partagé.

3. C’est dangereux.

La peur est souvent exagérée. Oui, les arnaques existent, comme partout, mais avec un minimum de bon sens et de préparation, on peut très bien les éviter.

Et puis, on vit aussi de très belles rencontres. Par exemple, lors de l’achat de notre Boleto Turístico pour le Canyon de Colca au Pérou, la dame n’avait pas de monnaie pour nous rendre la différence. Le lendemain matin, elle est venue à notre rencontre pour nous remettre l’argent manquant. Ou encore à Istanbul, alors que notre carte ne fonctionnait pas, un Istanbuliote a payé notre passage dans le métro avec sa propre carte, sans rien nous demander en retour. C’est ce genre de gestes qui nous rappelle pourquoi on voyage.

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4. Le voyage improvisé, c’est la vraie liberté.

Peut-être que pour certains, improviser chaque jour fait partie du plaisir. Mais pour nous, qui partons souvent pour 3 ou 4 semaines seulement, chaque journée compte. On n’a pas envie de perdre du temps à chercher un hôtel à la dernière minute ou à courir après un bus manqué. Avoir un plan de base, c’est aussi se donner la liberté de profiter pleinement, sans stress.

La majorité de nos réservations sont faites avec option d’annulation gratuite. À plusieurs reprises — comme à Bali avec l’alerte au volcan, au Pérou à cause de la fatigue causée du mal des montagnes, ou dans le nord du Vietnam où on est tombés en amour avec Bac Ha et qu’on a décidé d’y rester bien plus longtemps que prévu — on a dû revoir tout notre itinéraire. Une bonne planification flexible, c’est un allié précieux quand chaque jour de voyage est compté.

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5. Le sac à dos, c'est pour faire “aventureux”

Le sac à dos a ses raisons…

On recherche souvent ces petits villages isolés, encore authentiques — ce qui implique parfois des moyens de transport plutôt rudimentaires.

Ce n’est pas pour se donner un style de globe-trotter bobo qu’on choisit le sac à dos. C’est un vrai choix pratique. Voyager avec un sac, c’est rester mobile, flexible, libre.

Pas besoin de valise à roulettes sur les pavés inégaux ou les trottoirs brisés… quand il y en a, des trottoirs ! Au Cambodge, où 50 % des rues sont en terre battue, ou encore en Thaïlande, quand il faut descendre du ferry pour embarquer sur un long tail boat afin de rejoindre une île, on comprend vite l’avantage d’avoir les deux mains libres et un sac bien attaché.

Honnêtement, on se voyait mal avec une valise à roulettes pour rejoindre le village de Muang Ngoi au Laos… surtout quand le seul moyen d’y accéder, c’est une longue pirogue sur la rivière Nam Ou !

Et que dire du Costa Rica, pour rejoindre Monteverde avec la fameuse formule « jeep-boat-jeep » : l’accès au bateau se fait après avoir traversé un champ boueux, en sautant entre les flaques et les pierres glissantes — pas exactement l’idéal avec une valise à roulettes ! Croyez-moi, dans ces moments-là, le sac à dos gagne haut la main.

6. Voyager léger, c’est se priver.

Voyager léger, c’est d’abord une question de mode de vie, de simplicité — et surtout, une façon d’aller à la rencontre de l’autre. On privilégie les transports en commun, les hébergements chez l’habitant (qu’on préfère de loin à un 5 étoiles).

Et parfois, on s’offre un petit extra. Comme en Thaïlande, à Ko Lanta, cette petite guesthouse les pieds presque dans la mer, un verre de vin à la main, sur notre terrasse. Ou encore ce petit palais dans un village de Sidemen, à Bali, perdu dans les rizières. Ou ce resto de sushis à Tokyo, planqué dans une ruelle discrète, où bien peu de touristes s’arrêtent : un moment inoubliable. Voyager léger, ce n’est pas toujours la misère — parfois, c’est le luxe de la simplicité.

Bref, le voyage en sac à dos, ce n’est pas un sport extrême réservé aux 20 ans sans attaches. C’est une façon de vivre le monde avec curiosité, humilité et souplesse. Tant qu’on aura l’énergie et l’envie, on partira encore, sacs au dos, pour découvrir ce que le monde nous réserve.

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